La douleur chronique, celle qui dure depuis plus de trois mois, est devenue à l’heure actuelle un enjeu économique important pour notre société. Selon le Pr. Didier Bouhassira du Centre d’Etude et Traitement de la Douleur chronique (CETD) auprès du CHU Ambroise Paré, Boulogne et de l’Inserm, « 20% des adultes disent de souffrir de douleurs chroniques d’intensité modérée à sévère (4 à 10 sur une échelle de 10), un chiffre qui augmente avec l’âge pour atteindre 50% chez les plus de 70 ans » (v. graphique en Annexe). La migraine chronique, par exemple, qui touche 3% de la population, coûte 2 milliards d’euros par an, deux fois plus que la migraine classique qui en touche 20%. D’où la nécessité pour le Ministère de la Santé de mettre en place des « plans douleur » et d’envisager la création de parcours de soins spécifiques pour les patients douloureux chroniques, en rationalisant les structures déjà existantes comme le CETD cité plus haut, la SFETD ( Société Française d’Etude et Traitement de la Douleur), l’UETD (Unité Etude Traitement Douleur chronique). La création d’une spécialité médicale à part entière est d’ailleurs envisagée pour la prise en charge  de cette douleur, dont les scientifiques connaissent de mieux en mieux les mécanismes neurophysiologiques, notamment grâce à l’imagerie fonctionnelle cérébrale. La douleur chronique ne peut être considérée simplement comme « une douleur aiguë qui dure dans le temps », mais constitue une véritable maladie : si on peut parler de douleur-symptôme pour la douleur aiguë, de signal d’alarme indispensable  à la sauvegarde de l’intégrité de l’organisme, pour la douleur chronique on doit parler de douleur-syndrome, douleur qui perd toute fonction utile pour devenir une véritable atteinte à l’intégrité psycho-physique de l’individu. Or, nous savons que toute douleur est une expérience à la fois sensorielle et émotionnelle, pour les douleurs inflammatoires chroniques, aussi bien que pour les douleurs neuropathiques  (provoquées par la lésion d’un nerf) ou psychogènes, quand il n’ y a ni inflammation ni lésion ; ces dernières peuvent être  l’expression somatique d’un conflit psychique, étant définies d’autre part par les médecins de la douleur comme « douleurs chroniques dysfonctionnelles » (dont la fibromyalgie est un exemple). La complexité de ces phénomènes est accentuée par l’étroite intégration des centres sensoriels et émotionnels dans le cortex cérébral. La douleur retentit sur des zones cérébrales impliquées dans la cognition, les émotions, la réflexion, qui vont participer à l’amplification ou à la réduction de celle-ci.

Dans la mise en place d’unités pluridisciplinaires  pour une approche globale du douloureux chronique, la sophrologie trouve toute sa place. Grâce aux techniques sophrologiques, le patient apprend à apaiser les tensions, qui modulent la douleur dans le sens d’une augmentation et abaissent le seuil de tolérance. La pratique de la Sophronisation de base, suivie des approfondissements adaptés à chaque patient, constitue  un moment important de l’accompagnement sophrologique ; dans l’espace privilégié de la détente, agréablement vécue, la voix du sophrologue accompagne le patient dans un parcours de relaxation le long duquel il pourra retrouver dans son corps douloureux des ressentis agréables. La diminution du stress et de l’anxiété, l’apaisement psychique  qui accompagnent la détente musculaire, favorisent la production d’endorphines, les hormones anti-douleurs. Les exercices de Relaxation Dynamique 1er degré d’autre part, vécus dans la pleine conscience de l’état sophronique, participent à la restructuration du schéma corporel, qui peut être altéré par la maladie chronique ; ils contribuent également à restaurer la confiance dans le potentiel dynamique du corps, ce corps qui est  vécu  et dont le patient se réapproprie dans les temps de l’accueil des ressentis, et dans celui de leur verbalisation post-sophronique.

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